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MATIN HEC AVEC PIERRE GATTAZ PRÉSIDENT - 14 OCTOBRE 2016

  • 31 janv. 2017
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  • Catégorie : Rencontres & événements
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  • Auteur : Revue HEC
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MATIN HEC AVEC PIERRE GATTAZ PRÉSIDENT - 14 OCTOBRE 2016

RENCONTRES MATIN HEC

PIERRE GATTAZ PRÉSIDENT DU MEDEF
LE PATRON DES PATRONS RESTE EN ALERTE ROUGE

“Ni de droite ni de gauche”, le président du Medef aborde la campagne présidentielle avec comme seul intérêt celui de l’entreprise. Cognant sur le bilan Hollande, mais surtout surveillant toutes les propositions qui pourraient alourdir le coût du travail.

Au lendemain du premier débat entre les sept candidats de droite, Pierre Gattaz est dans une forme olympique. Et pour cause, le patron des patrons a bu du “petit lait” en les écoutant : “Les tabous sont tombés, et c’est très agréable. Enfin, on ose parler de choses qui fâchent, comme de la pression fiscale sur les entreprises, du niveau de la dette qui plombe la compétitivité française, ou encore de la fin du monopole syndical au premier tour des élections professionnelles.” Le président du Medef aurait-il déjà tourné la page du pouvoir socialiste ? Invité des Matins HEC Challenges, Pierre Gattaz botte en touche en rappelant que “le Medef n’est ni de droite ni de gauche, mais pour l’entreprise”.

UN ÉCHEC SUR LA LOI TRAVAIL

Cependant, à l’évocation de la majorité actuelle, le discours de Pierre Gattaz se tend : “Nous sommes en alerte rouge à l’approche de l’élection présidentielle. Nous redoutons plus que tout les mesures électoralistes qui alourdissent le coût du travail.” Et de pester contre les députés socialistes qui viennent de voter un amendement au projet de loi de finances 2017 contre la hausse de la fiscalité sur les actions gratuites pour les salariés, pourtant allégée par la loi Macron : “C’est un réflexe pavlovien chez certains politiques, à gauche ou à droite : quand il y a un problème, ils taxent !” Mais ce qui lui reste en travers de la gorge, c’est la loi travail. Il pensait pourtant avoir réussi début 2016 à convaincre le Premier ministre, Manuel Valls. “Je l’ai convié à un dîner organisé au Forum de Davos avec une quinzaine de grands patrons étrangers. S’ils ont été dithyrambiques sur la culture française, la qualité des infrastructures ou le savoir-faire des ingénieurs, ils ont tous descendu le Code du travail, jugé kafkaïen”, se souvient-il. Avec sa gouaille et son style cash, il arrache à la salle quelques éclats de rire lorsqu’il raconte s’être transformé à cette occasion en interprète pour l’hôte de Matignon. “Pas facile de dire CICE en anglais !” plaisante-t-il. A l’issue de cette rencontre, il assure que le Premier ministre l’a regardé droit dans les yeux pour lui dire : “Pierre, on va la faire, cette grande réforme.” Dans un premier temps, le socialiste, qui avait déclaré sa flamme pour l’entreprise à l’université du Medef en 2014, va tenir parole. Plafonnement des indemnités prud’homales, simplification du licenciement économique, référendum en entreprise… La première version de la loi El-Khomri divulguée mi-février est accueillie avec joie par le Medef. Mais, très vite, Pierre Gattaz va déchanter après les concessions faites à la CFDT qui menaçait de descendre dans la rue. “Outre le manque de pédagogie, l’exécutif a manqué de courage pour tenir tête aux frondeurs et aux syndicats”, lâche-t-il sans ambages. Et de dresser un bilan mi-figue, mi-raisin du quinquennat de Hollande : “Il a fait de bonnes mesures, comme le CICE. Mais, dans le même temps, il a mis en place l’horrible compte pénibilité. Et c’est sans parler de l’instabilité fiscale. Au final, cela ne permet pas de restaurer la confiance.” Quand il évoque les syndicats, Pierre Gattaz se raidit et tape dur. “Ils sont constamment dans le rapport de forces. Pis, certains, comme la CGT et FO, sont encore obnubilés par la lutte des classes. Je l’avoue, là, je ne sais plus comment faire et j’ai beaucoup de mal à discuter avec eux. Le dialogue social à la française, trop administré et trop éloigné du terrain, ressemble à une assemblée de copropriétaires”, peste le patron des patrons.

UNE DÉGRESSIVITÉ INTELLIGENTE

Accusé de bloquer les négociations sur le renouvellement de l’assurance-chômage, il sort alors un peu plus de ses gonds : “Ne me demandez pas de venir m’asseoir autour d’une table pour faire l’inverse du pacte de responsabilité. Depuis trente ans, à chaque négociation interprofessionnelle, ce sont les patrons qui règlent la facture. Ce n’est plus possible !” L’objet de son ire : la taxation des contrats courts, une solution prônée par tous les partenaires sociaux.

A l’inverse, lui pousse pour mettre en place “une dégressivité des allocationschômage intelligente. Par exemple, pour une personne qui refuse trois offres d’emploi consécutives, c’est 10 % de moins. Bien sûr, il ne s’agit pas de pénaliser les populations à risque, comme les non-qualifiés qu’il faut initier aux métiers de demain via la formation professionnelle. Encore faudrait-il que le système fonctionne et qu’un chômeur n’attende pas sept mois avant d’entrer en formation.”

Elu en 2013 président du Medef, Pierre Gattaz a d’ores et déjà annoncé qu’il ne briguerait pas en 2018 de second mandat : “Je veux montrer l’exemple et ne pas devenir un apparatchik du dialogue social.” D’ici là, celui qui “a très peur de ceux qui prônent le retour du protectionnisme” souhaite continuer son combat : “Pousser un libéralisme humain pour ouvrir la France aux opportunités que la mondialisation offre.”

Par Florian Fayolle, Challenges

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PIERRE GATTAZ : SON PARCOURS
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 Diplômé de Télécom Bretagne 1984 Ingénieur d’affaires chez Dassault électronique 1989 Directeur général de Fontaine électronique puis Convergie 1992 Directeur général de Radiall 1994 Président du directoire de Radiall 1999 Président du GIXEL 2002 Président et fondateur de la FIEN 2010 Président du GFI 2013 Président du MEDEF

 

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Auteur :
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