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LE BITCOIN, UN INCONNU… TRÈS ACTIF !

  • 1 févr. 2016
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  • Catégorie : Digital
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  • Auteur : Revue HEC
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  • Vu : 795 fois

S’il gagne sans cesse en notoriété, le Bitcoin reste malgré tout une énigme. Est-ce vraiment une monnaie comme une autre ? Comment fonctionne son marché ? Quels sont ses opportunités… et ses risques ? Autant de questions qui ont pu être abordées lors de la conférence de rentrée 2015 du Club Gestion de Patrimoine.

Depuis sa création en 2009, le Bitcoin (BTC) a connu un succès fulgurant. Il accapare désormais 80 % des transactions réalisées en devises... digitales. “Le Bitcoin n’est en effet pas une monnaie comme les autres, explique Benjamin May, associé et cofondateur du cabinet Aramis, spécialisé en droit des affaires et fiscalité. Issue d’un système décentralisé, cette devise virtuelle repose sur Blockchain, une technologie de cryptologie produisant des clés qui sécurisent les transactions.” Généré par un algorithme, le BTC est utilisé sur Internet pour réaliser des paiements sûrs, rapides… et sans frais. Les volumes en circulation n’ont cessé d’augmenter pour atteindre aujourd’hui 15 millions d’unités et les échanges mensuels représentent l’équivalent de 4,5 milliards de dollars, soit 150 millions par jour, montant à mettre en regard des 210 millions de dollars qui transitent chaque jour sur le réseau Western Union.

Les volumes en circulation n’ont cessé d’augmenter pour atteindre aujourd’hui 15 millions d’unités et les échanges mensuels représentent l’équivalent de 4,5 milliards de dollars, soit 150 millions par jour, montant à mettre en regard des 210 millions de dollars qui transitent chaque jour sur le réseau Western Union.

1 DOLLAR EN 2011 VS 1216 EN 2013

Le cours du BTC a suivi la même pente. Alors qu’il valait 1 dollar en 2011, il vient de franchir, en novembre, le cap des 500 dollars. Depuis la fluctuation du yuan, en août, il a bondi de 150 % . Une progression néanmoins marquée par une très forte volatilité : en juillet 2013, le BTC avait atteint son plus haut historique, à 1216 dollars. Ces écarts considérables tiennent à la taille réduite du marché mais aussi au mode de fixation du cours, uniquement déterminé par l’offre et la demande. Or si la première est connue et prévisible (le modèle algorithmique produit 25 BTC toutes les 10 minutes), la seconde peut varier très fortement. En 2013, l’arrivée massive d’utilisateurs chinois a ainsi propulsé le BTC vers des sommets avant de le faire refluer tout aussi rapidement. Inséparable d’Internet, cette devise profite du réseau pour se répandre. Aujourd’hui, elle est acceptée par plus de 80 000 commerçants répartis dans 180 pays. Une expansion que rien n’arrête, pas même l’anathème que lui jettent les gouvernements. La Chine, qui a officiellement interdit l’usage du BTC, représente pourtant 62 % des transactions. La Russie, qui a adopté une attitude similaire afin de protéger le rouble, n’en fournit pas moins un contingent important d’utilisateurs.

MONNAIE OU MATIÈRE PREMIÈRE ?

Parmi les pays qui l’acceptent, l’attitude des autorités diverge. Quel statut accorder à une monnaie qui n’est pas émise par une banque centrale classique ? Aux États- Unis, la Californie estime qu’il s’agit bien d’une monnaie alors que New York la considère comme une... matière première. Le Canada s’est borné pour l’instant à lui appliquer des mesures permettant d’éviter le blanchiment. L’Europe hésite aussi, explique Benjamin May : “L’Allemagne et l’Europe s’orientent vers une reconnaissance du BTC en tant que monnaie étrangère alors qu’en France rien n’est encore arrêté.” D’où une grande diversité aussi des approches fiscales. En France, le BTC est imposable au titre des BNC (bénéfices non commerciaux), mais aussi des BIC (bénéfices industriels et commerciaux) et de l’ISF (impôt sur la fortune) ! La devise digitale pourra-t-elle échapper à la TVA ? La réflexion suit son cours... En dépit de ce contexte indéniablement porteur de risques, le BTC représente une opportunité nouvelle difficile à ignorer. Comme souvent, les États-Unis ont été les premiers à lancer le mouvement. Une dizaine de grandes banques, réunies pour l’occasion, ont ainsi racheté une société détenant un fort savoir-faire dans la technologie Blockchain. En s’assurant le contrôle d’un acteur capable de certifier la validité des transactions, elles comptent jouer un rôle-clé sur ce marché.

UN ÉCOSYSTÈME PROLIFIQUE

Le BTC attire aussi les acteurs du venture capital. La capitalisation de l’écosystème créé autour de cette devise digitale représente désormais 3,4 milliards de dollars. Quant aux investissements des acteurs du venture capital dans des sociétés liées au BTC, ils ont presque atteint 1 milliard de dollars. Issus principalement des États-Unis (2/3) et d’Europe (18 %), ils irriguent l’ensemble des composants de l’écosystème de cette devise digitale : infrastructures, plateformes de change, ATM, services financiers, sites marchands, etc. “C’est un investissement qui a du sens, estime Cédric Jeanson, CEO de BitSpread Ltd, société de gestion londonienne spécialiste du Digital FX. Les montants que les acteurs du venture capital injectent aujourd’hui dans l’écosystème du BTC dépassent ceux qui avaient afflué en 1998 vers les sociétés liées à Internet. L’engouement est très fort et les deals en constante augmentation.” Devant un tel actif financier dont le caractère digital constitue un atout supplémentaire, nombre de traders ont conclu que le BTC pouvait d’autant mieux se prêter au trading que les courtiers disposés à l’échanger sont nombreux. Une étude approfondie menée durant 18 mois par BitSpread a confirmé ce potentiel.

UN SHARP RATIO ÉLEVÉ

Reste à établir des stratégies pour en tirer parti. “La première consiste à capter les spreads de cotation entre divers courtiers à un instant T, explique Cédric Jeanson. Elle n’impacte pas le marché, présente un faible niveau de risque, délivre des returns stables, gages d’un sharp ratio élevé, tout en améliorant la liquidité des échanges de BTC.” Une approche d’autant plus propice à une diversification de portefeuille que cette devise n’est absolument pas corrélée à d’autres classes d’actifs. Il ne s’agit pour autant que d’un premier étage. Grâce à sa maîtrise des risques environnementaux liés au trading du BTC, BitSpread s’apprête à développer d’autres stratégies a priori plus agressives. De fait, le BTC semble être parvenu à un certain stade de maturité et il a maintenant sa place dans le monde financier. C’est sans doute Sébastien Couture, expert en cryptodevises et cofondateur d’Epicenter Bitcoin, qui résume le mieux la dynamique actuelle : “Le Bitcoin, c’est l’Internet de l’argent, pas l’argent de l’Internet. Il apportera les mêmes changements de société que le Web. Nous sommes au début d’une nouvelle ère.”

4,5
milliards de $

C’est l’équivalent de ce que représentent les échanges mensuels en BTC dans le monde.

 

LES EXPERTS

Benjamin May (ESCP Europe) est associé et cofondateur du cabinet Aramis Société d’Avocats, spécialisé en droit des affaires et fiscalité. Très actif dans le domaine des technologies de l’information mais aussi de la FinTech, il publie et anime régulièrement des conférences sur ces sujets. Il fait par ailleurs partie d’un panel d’experts pour la transposition de la 2e directive sur la monnaie électronique. Aramis figure parmi les leaders dans ce secteur en France.

Cédric Jeanson (M.97) est le CEO et directeur des investissements de BitSpread Ltd. Cette société de gestion basée à Londres, spécialiste du Digital FX depuis 2014, propose une gamme d’investissements sur mesure de “Market Neutral” et/ou directionnels sur le marché du Digital FX à l’attention des High Networth Individuals, Family Offices, Wealth Managers et banques privées. Avant d’intégrer BitSpread, Cédric Jeanson a été trader pendant plus de 15 ans chez BNP Paribas, JPMorgan, Barclays et Nomura.

 
Auteur :
Revue HEC

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